Le concours Thémis vu par les trois équipes françaises finalistes
Publié le 28 octobre 2016

À partir de ce lundi 31 octobre et pendant quatre jours, se déroule à l’ENM Bordeaux la finale de la 11ème édition du concours Thémis organisée par le Réseau européen de formation judiciaire (REFJ). Cette année, la France est représentée par trois équipes. Témoignages.
« L'échange entre jeunes magistrats prime sur la compétition »

« Grâce au concours Thémis et à notre coach Estelle Cros, nous avons eu l'occasion de nous informer de manière concrète sur les outils de la coopération pénale européenne et nous espérons pouvoir réutiliser ces connaissances lors de notre pratique professionnelle future. Nous avons également pu rencontrer d'autres magistrats européens en formation et avoir de riches discussions avec eux sur leurs systèmes juridiques et leurs pratiques du droit en général. Cette connaissance de nos homologues européens est une source d'inspiration pour nos pratiques et devrait nous permettre de mieux comprendre et prendre en compte nos homologues étrangers dans le cadre d'une coopération internationale future », expliquent Camille Allain, Julie Fraudeau et Anne Gaëlle Martin, membres de l’équipe de France 1.

Et de conclure : « Nous avons préparé sereinement la finale du concours Thémis puisque, selon nous, l'échange entre jeunes magistrats prime sur la compétition. Nous appréhendons donc la finale avec une certaine excitation : nous avons hâte de découvrir les présentations des autres équipes et plus particulièrement de l'équipe hongroise qui nous répondra ! »

« C’est avec fierté que nous avons arboré les couleurs de la France »

« Envieux de découvrir les différents systèmes judiciaires européens, c’est avec fierté que nous avons arboré les couleurs de la France lors d’un concours de procédure civile européenne à Lisbonne. Accompagnés de notre coach, Laure Vuitton, c’est un véritable travail d’équipe qui s’est instauré lors de cette semaine ponctuée de découvertes culturelles portugaises.

Ce concours aura également été l’occasion pour nous de rencontrer nos futurs homologues étrangers et d’échanger avec eux sur nos fonctionnements institutionnels respectifs. Accueillir la finale à Bordeaux s’inscrit donc dans le prolongement de ces rencontres, à la fois intellectuelles sur une thématique désormais transversale des droits fondamentaux mais surtout humaines en faisant découvrir à de futurs magistrats étrangers le charme de notre ville ! », développent Pierre Baudoin, Flore Mevel et Nicoline Tourtet, membres de l’équipe de France 2.

« Nous avons été étonnées de constater le consensus existant en matière d'éthique et de déontologie »

« Nous avons participé à la demi-finale en Slovaquie portant sur la déontologie des magistrats. Ce fut l'occasion de rencontrer des élèves magistrats de toute l'Europe et de confronter nos conceptions d'une pratique éthique du métier de juge. Nous avons été étonnées de constater le consensus existant en matière d'éthique et de déontologie malgré la diversité des systèmes de recrutement et de formation des magistrats en Europe. Nous avions choisi de travailler sur l'organisation collective des magistrats et notamment sur la syndicalisation des juges. Cela nous a amené à interviewer de nombreux magistrats français et européens. Ces échanges ont été très riches, nous ouvrant à des représentations du magistrat très différentes d'un pays à l'autre. Thémis nous a aussi permis de travailler en équipe, de perfectionner notre anglais et de développer des compétences oratoires.

Nous avons eu la chance d'être accompagnées par Clémence Caron qui a su guider notre réflexion avec une grande implication et cadrer nos débats internes souvent passionnés ou nos élans de créativité pour la présentation orale. Nous l'en remercions !

Lors du débat du 2 novembre, nous affronterons l'équipe roumaine, en défense d'un juge accusé de partialité dans une affaire d'exécution d'un mandat d'arrêt européen décerné à l'encontre d'un agent secret ayant commis un meurtre. La préparation de ce sujet nous a permis d'acquérir des connaissances plus précises dans la perspective de l'épreuve écrite qui consistera en un cas pratique à réaliser en une journée. L’intérêt de la finale repose sur le temps limité qui nous est imparti pour les deux épreuves. Cela rend le travail plus dynamique puisque nous devrons anticiper les arguments de nos adversaires pour réagir en direct ! », conclut la troisième équipe française composée de Camille Roux d’Anzi, Alexandra Husson et Gabrielle Fauconnier.