Métiers du droit : intégrer l’ENM après une carrière juridique

Ancienne attachée d’administration ayant débuté en 2008 une carrière juridique au sein du ministère de l’Écologie et du Développement durable, Marie-Émilie Delfosse souhaitait évoluer tout en continuant à exercer un métier du droit . Elle a finalement passé le concours complémentaire de l’ENM en 2018 pour devenir juge ou procureur. Les inscriptions à la session 2019 sont ouvertes aux professionnels jusqu’au 19 avril 2019.

Quel a été votre parcours avant de passer le concours complémentaire de l’ENM ?

« J’ai fait des études de droit, été assistante de justice et passé le certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA) il y a 15 ans. J’avais pensé à l’École nationale de la magistrature à l’époque, mais j’ai finalement passé d’autres concours de la fonction publique dont celui d’attaché d’administration en 2004. Après ma formation dans un institut régional d’administration (IRA), j’ai été pendant 4 ans gestionnaire comptable dans un établissement scolaire. Attirée par les métiers du droit , j’ai finalement intégré la direction des affaires juridiques du ministère de l’Écologie et du Développement durable. »

Pourquoi avez-vous souhaité vous reconvertir dans la magistrature?

« Mon métier me plaisait, mais je l’exerçais depuis 10 ans et j’ai eu envie d’évoluer vers d’autres fonctions tout en continuant à faire du droit. Je voulais aussi aborder d’autres matières que le droit public et j’étais à la recherche d’un métier plus humain et plus concret que ce que je faisais en administration centrale. C’est ce qui m’a poussée à m’inscrire au concours complémentaire de l’ENM pour devenir juge ou procureur. Je travaillais par ailleurs avec des magistrats judiciaires au sein de la direction des affaires juridiques. »

Quand et comment avez-vous préparé ce concours ?

« J’ai commencé assez tôt ma préparation – un an avant le concours – parce que je travaillais à temps plein et que j’avais deux enfants en bas âge, ce qui me laissait finalement peu de temps : j’y consacrais environ 2 heures le soir et je travaillais aussi un peu le week-end et pendant les vacances. Je me suis par ailleurs inscrite à la préparation publique proposée par l’institut d’études judiciaires (IEJ) de Paris 1 ,  que j’ai suivie de juin à septembre 2018. Elle proposait des cours à distance et des concours blancs pour lesquels il fallait dégager 5 heures, afin de les faire chez soi mais en conditions réelles. Les oraux blancs se sont pour leur part déroulés à Paris. »

Vous exerciez déjà un métier du droit . Sur quoi vous avez axé vos révisions ?

« Sur l’acquisition des connaissances malgré ma carrière juridique , parce que je ne faisais que du droit public et administratif. Il a donc fallu que je renoue avec le droit civil et le droit pénal, avec des codes et des manuels. Cela demande un investissement certain pour se remettre à niveau en peu de temps, surtout en matière de procédure. J’avais cependant déjà un raisonnement très juridique, sur lequel je m’appuie toujours aujourd’hui même si la matière est différente.
La préparation de l’IEJ m’a par ailleurs permis de travailler la méthodologie des dissertations, ce qui me semble indispensable pour passer le concours. »

Vous avez débuté un stage probatoire au sein d’un tribunal de grande instance en février. Le métier de magistrat correspond-t-il à l’idée que vous en aviez ?

« Je viens en effet de débuter mon stage au siège après un premier stage au parquet. Cela demande beaucoup de travail, mais c’est vraiment riche et je trouve les magistrats disponibles pour accompagner les stagiaires. Ce que j’ai vu du métier de magistrat jusqu’ici correspond à ce que je recherchais vraiment : être confrontée au quotidien à des gens, à de l’humain.
Malgré les sacrifices que cela nécessite, notamment pour ma vie familiale, je ne regrette pas du tout d’avoir concrétisé mon envie de reconversion. »

Inscription au concours

Métiers de la justice, des secteurs économique, administratif… Des profils variés dans la magistrature

Les professionnels ayant exercé des métiers du droit  avant de passer le concours complémentaire de l’ENM sont nombreux. Mais l’École forme aussi dans ces promotions des professionnels issus des secteurs économique, administratif et social souhaitant se reconvertir dans la magistrature.