Caroline Goudouneche, nouvelle sous-directrice du DFPS à l'ENM

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Quel a été votre parcours avant de devenir sous-directrice à l’ENM ?

" Après près de 15 ans en juridiction, durant lesquels j’ai exercé des fonctions dans différents parquets en régions puis à Paris, j’ai intégré le DFPS en septembre 2024 en qualité de coordonnatrice de formation, avec l’objectif de concevoir et mettre en œuvre des actions de formation de membres de l’équipe juridictionnelle : les attachés de justice et les assistants spécialisés.

Mes fonctions juridictionnelles précédentes m’avaient conduite à apprécier la richesse de travailler entourée de collaborateurs aux compétences complémentaires. Rejoindre le DFPS m’a permis de poursuivre cette réflexion sous un autre angle, celui de la formation et de l’accompagnement de ces professionnels qui contribuent, aux côtés des magistrats, au fonctionnement quotidien de la justice. "

Quelles ont été vos motivations pour devenir sous-directrice du DFPS ?

" Après cette première expérience particulièrement enrichissante comme coordonnatrice de formation, devenir sous-directrice du DFPS représentait pour moi l’opportunité de poursuivre mon engagement au sein du département tout en contribuant plus largement à ses orientations et à son développement. Les professionnels formés par le DFPS sont en effet au cœur de nombreux défis auxquels la justice est aujourd’hui confrontée. La diversité de leurs fonctions témoigne de la richesse des réponses qui peuvent être apportées à ces enjeux.

Il s’agit notamment de répondre au traitement de contentieux techniques, grâce à des professionnels disposant de compétences spécifiques et mettant leur expertise au service de la justice : juges consulaires, assesseurs exploitants agricoles des tribunaux des activités économiques (TAE), conseillers prud’hommes, assistants spécialisés, assistants spécialisés pour la prévention des actes de terrorisme, experts judiciaires chargés de l’évaluation des victimes d’actes de terrorisme ou encore assesseurs des pôles sociaux des tribunaux judiciaires et de la cour d’appel d’Amiens.

Il s’agit également de contribuer à la gestion des flux, notamment en favorisant la résolution amiable des litiges et le recours à des alternatives aux poursuites, avec les conciliateurs de justice et les délégués du procureur.

Et aussi soutenir l’activité judiciaire du quotidien et la résorption des stocks, notamment grâce aux magistrats à titre temporaire et aux avocats honoraires exerçant des fonctions juridictionnelles.

Dans ce contexte, la formation constitue un véritable levier : elle doit permettre à chacun de ces professionnels d’acquérir et de consolider les compétences nécessaires à l’exercice de ses missions, mais aussi d’identifier pleinement sa place au sein de l’institution judiciaire.

C’est cette articulation entre formation, évolution des métiers et transformation du fonctionnement des juridictions qui m’a particulièrement motivée à devenir sous-directrice du DFPS. "

Quels sont les enjeux actuels et futurs pour le DFPS ?

" Le premier enjeu du DFPS est de continuer à proposer des formations adaptées, exigeantes et innovantes à des professionnels qui, quels que soient leur statut et leurs fonctions, sont pleinement investis au service de la justice. Il nous appartient de leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences, de renforcer celles qu’ils possèdent déjà et d’accompagner l’évolution de leurs missions.

Cet enjeu est d’autant plus important que l’institution judiciaire s’apprête à connaître de profondes transformations. L’arrivée progressive de nouveaux outils, notamment ceux intégrant l’intelligence artificielle, va nécessairement conduire l’ensemble des acteurs de la justice à interroger et à faire évoluer leurs méthodes de travail.

Dans ce contexte, la formation aura un rôle essentiel à jouer : elle devra permettre aux professionnels non seulement de s’approprier de nouveaux outils, mais également de réfléchir collectivement à leurs usages, à leurs limites et à la manière dont ils peuvent utilement s’intégrer aux pratiques professionnelles.

Je mesure donc pleinement l’opportunité qui m’est offerte de prendre la responsabilité du DFPS à cette période charnière.

C’est un département qui, par la diversité des publics qu’il accompagne, constitue un lieu privilégié pour observer ces transformations, les anticiper et contribuer à préparer les professionnels de la justice aux évolutions de demain. "