Concours européen Thémis : l’équipe 1 de l’ENM remporte le 1er prix

La finale du concours Thémis organisé par le Réseau européen de formation judiciaire s’est déroulée du 28 au 31 octobre derniers, à Paris. Parmi les 8 équipes européennes finalistes, c’est une équipe française qui a remporté la première place. La cérémonie de clôture a eu lieu à la Cour de cassation en présence de Bertrand Louvel, premier président de ladite Cour.

Cette année, comme en 2017, c’est une équipe française qui a remporté le premier prix du concours Thémis organisé par le Réseau européen de formation judiciaire. L’équipe 1 composée de trois auditrices de la promotion 2018 de l’ENM, Morgane Kleine, Victoire De Maillard et Ariane Piat, coachées par Marie Bougnoux, coordonnatrice de formation initiale, s’est en effet distinguée face aux équipes finalistes venant d’Autriche, de Bulgarie, de Hongrie, du Portugal, de République tchèque, de Roumanie et face à la seconde équipe française.

«C’est un grand moment d'émotion que d'être debout dans la Grand’chambre de la Cour de cassation et de se faire remettre le trophée et féliciter par le directeur de l'ENM ainsi que par tous les membres du jury. Ce concours a nécessité beaucoup de préparation et d'investissement personnel. Arriver à la première place est donc très gratifiant », raconte Morgane Kleine.
La remise des prix s’est déroulée à la Cour de cassation, en présence d’Olivier Leurent et d’Élie Renard, respectivement directeur et directeur adjoint de l’École nationale de la magistrature.
«La Cour est très attachée à assurer l’effectivité en France du droit européen, de celui de Strasbourg comme de celui de Luxembourg, car cette effectivité est un puissant facteur d’approfondissement de la protection des droits fondamentaux de chaque personne», a souligné Bertrand Louvel, premier président de la Cour de cassation lors de son intervention en ouverture de la cérémonie, le 31 octobre dernier.

Une finale sur le droit à un procès équitable

«La finale du concours Thémis a cette année eu vocation à faire réfléchir les futurs magistrats sur la notion de procès équitable, autour des articles 6§1 de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH) et 47 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne. Cette étude de cas pratique leur a permis d’appréhender en profondeur les normes européennes et plus particulièrement celles en matière de droits fondamentaux», explique le président du jury, Ján Śikuta, juge à la Cour suprême de Slovaquie et ancien juge à la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

C’est en deux étapes que s’est déroulée cette finale : la préparation écrite d’un projet de jugement, puis un débat opposant deux équipes, l’une défendant un requérant devant la CEDH, l’autre le gouvernement du pays défendeur. Pour Ariane Piat, de l’équipe française gagnante, « chacune d’entre nous a apporté à l'équipe ses qualités personnelles qui se sont révélées complémentaires. La confiance que nous avions les unes en les autres a été une force, en particulier pour l'écriture du projet en temps contraint ».

Échanges entre futurs magistrats de pays européens

Ce concours a également été l’occasion d’un véritable échange entre futurs magistrats de différents pays européens, comme l’explique Victoire de Maillard, de l’équipe française gagnante : «rencontrer mes homologues européens, travailler, échanger et débattre avec eux fut pour moi l’occasion de donner chair aux enseignements théoriques reçus jusqu’alors, et d’œuvrer à la collaboration entre nos différents systèmes judiciaires.»

Quant à Ana Margarida, de l’équipe du Portugal, ce fut pour elle «une expérience unique, un privilège de pouvoir échanger avec d’autres auditeurs de justice sur leurs systèmes judiciaires. Puisque nous appliquerons tous les mêmes principes législatifs, ceux de l’Union européenne, il est primordial de travailler sur ce rapprochement judiciaire.»