Promotion 2019 de l’ENM : qui sont les juges et procureurs de demain ?

309 auditeurs de justice font leur rentrée à l’École nationale de la magistrature ce 28 janvier : 221 étudiants de moins de 31 ans et 88 professionnels en reconversion recrutés sur concours ou sur dossier. Quel âge ont-ils ? Quelles études ont-ils fait ? Quels métiers exerçaient-ils auparavant ? Le point sur le profil des futurs juges et procureurs.

La promotion 2019 de l’ENM est composée de 74% de femmes et 26% d’hommes. 16% sont chargés de famille. L’âge moyen est de 28 ans et reste stable depuis 2012 : la benjamine de la promotion a 22 ans, la doyenne a 47 ans.

Sur l’ensemble de la promotion, 264 auditeurs de justice sont titulaires d’un diplôme de niveau bac +5 (soit 85,5%). 17 ont un diplôme de niveau bac +4 (5,5%) et 28 un diplôme de niveau bac +6 ou supérieur (9%). Si les diplômes les plus élevés ont majoritairement été obtenus dans des universités, 11% des élèves magistrats sont diplômés d’un institut d’études politiques.

Focus sur les étudiants issus du 1er concours d’accès à l’ENM

Sur les 221 étudiants de la promotion 2019 issus du 1er concours d’accès à l’ENM, 74 (soit un tiers) ont perçu des bourses durant leurs années d’études supérieures. Avant leur arrivée à l’École, 192 avaient déjà effectué un stage en juridiction et 148 un stage hors juridiction. Ils sont également nombreux à avoir eu une expérience professionnelle salariée : 90 ont en effet déjà travaillé dans le secteur privé et 56 dans le secteur public. Enfin, 79 ont été assistants de justice.

En matière de préparation du concours, 21 ont intégré une classe préparatoire « égalités des chances » de l’ENM à Paris, Bordeaux ou Douai ces 3 dernières années (soit 9,5% des admis), dont 13 en 2017-2018. Ces classes sont gratuites et réservées à des étudiants méritants et motivés issus de milieux modestes.

78 (plus de 35%) ont pour leur part suivi une préparation publique dans un institut d’études judiciaires en 2017 ou 2018, dont 31 à Paris II, 20 à Bordeaux, 9 à Paris I, 6 à Lyon III ou encore 3 à Rennes I et Toulon, et 29 (environ 13%) dans un institut d’études politiques (IEP).

Reconversion professionnelle : une richesse pour la magistrature

Aux côtés des 221 étudiants, 88 professionnels des secteurs public et privé recrutés via différentes voies d’accès composent aussi la promotion 2019, soit plus de 28% d’élèves magistrats ayant eu une activité professionnelle d’au moins 4 ans avant leur arrivée à l’ENM. Il s’agit de 24 agents de la fonction publique admis au 2e concours, 5 salariés du secteur privé admis au 3e concours et 59 professionnels recrutés sur dossier, au titre de l’article 18-1.

Les anciennes professions les plus représentées sont celles d’avocat, de juriste-assistant, de juriste, de greffier, de professeur, de directeur des services pénitentiaires, de conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation, de directeur de services de greffe judiciaires ou encore de responsable ou directeur juridique.