L’ENM engagée auprès de l’École malgache

Le nouveau projet d’appui à l’École nationale de la magistrature et des greffes de Madagascar (ENMG), signé en septembre 2019, marque un renforcement de la coopération entre l’établissement malgache et l’ENM. Dans le cadre de ce projet, les experts de l’ENM partagent avec leurs homologues leur expertise en formation judiciaire et en gouvernance afin de leur permettre d’optimiser sur place la formation des juges et procureurs en formation initiale et continue. Le projet d’appui prévoit 40 missions réparties sur une durée de 36 mois.

L’ENMG a pour mission de former les élèves magistrats des filières judiciaire, administrative et financière, les élèves greffiers en chef et les élèves greffiers, ainsi que les magistrats, greffiers en chef et greffiers en exercice.

Un projet de renforcement de la justice malgache

L’appui apporté par l’ENM à l’ENMG s’inscrit dans le Projet d’appui à la justice à Madagascar (PAJMA). Pour son volet réservé à la formation judiciaire, le projet, financé par l'Agence française de développement (AFD), est mis en œuvre par l’opérateur Justice coopération internationale (JCI) à hauteur de 850 000 euros, pour une durée prévisionnelle de 36 mois. Dans ce contexte, le soutien de l’ENM permettra à l’ENMG de consolider le socle nécessaire de l’efficacité et de l’indépendance du système judiciaire de Madagascar, à savoir le cadre de la formation dispensée aux magistrats et futurs magistrats.

L’expertise plurielle de l’ENM

Camille Pestre, cheffe de projet au département international de l’ENM, développe le champ d’action de l’École dans le cadre de cette coopération spécifique : « C’est un projet multisectoriel, piloté par une cellule autonome du ministère de la Justice malgache. L’ENM est cheffe de projet pour la composante magistrature, qui est elle-même déclinée en sous‑composantes. L’École apporte notamment son expertise sur la formation à distance en développant une plateforme numérique et des modules d’e-formation, ainsi que sur la formation des enseignants et l’ingénierie pédagogique qui comprend entre autres la formation des formateurs et la professionnalisation des maîtres de stage. L’ENM intervient aussi sur des questions de fonctionnement général et de gouvernance. »

Ainsi les 2 premières visites d’études de l’école malgache dans les locaux de l’ENM ont porté en janvier sur la pédagogie à distance (e-formation) et en février sur la gouvernance, notamment les relations institutionnelles, la négociation budgétaire, la coordination et l’articulation des différents services, ainsi que sur la communication.



Visite d'étude d'une délégation de l’École nationale de la magistrature & des greffes de Madagascar en février 2020
Visite d'étude d'une délégation de l’École nationale de la magistrature & des greffes de Madagascar en février 2020

Le numérique : une priorité pour l’ENMG

Le projet a officiellement démarré depuis le mois d’octobre 2019, et une première mission d’expertise a été effectuée sur place en décembre 2019 sur la thématique du numérique, une priorité pour le directeur de l’ENMG Anthony Ramarolahihaingonirainy : « Magalie Grellier-Faucampré, cheffe du service E‑formation de l’ENM, est intervenue auprès de l’ENMG sur ce sujet. Cette mission a été suivie en janvier 2020 par une visite d’étude d’une délégation malgache à Bordeaux toujours sur le même thème. Madagascar est un pays très vaste où les infrastructures routières ne permettent pas une circulation fluide. L’accès à la formation en ligne est donc un véritable enjeu pour les magistrats. », explique Camille Pestre.

Les écoles partenaires

L’envergure multisectorielle du projet PAJMA dans lequel s’inscrit l’intervention de l’ENM nécessite également l’expertise de l’École nationale des greffes (ENG) et de l’École nationale de l’administration pénitentiaire (ENAP). Le travail distinct de ces 3 écoles du ministère de la Justice français participe d’une même volonté de favoriser et de pérenniser la professionnalisation des acteurs de la justice : « Les différentes écoles mobilisées interviennent toutes en tant qu’experte de leur composante, mais elles échangent lors de réunions de coordination pour maintenir une cohérence dans leur action globale », explique Camille Pestre.

La prochaine étape

Le département international de l’ENM adapte la poursuite du projet au contexte inédit de la crise sanitaire. Certaines missions sont reportées en 2021 et d’autres sont transposées en format distanciel : « Nous travaillons actuellement à la reprogrammation d’une mission sur les référentiels métiers, qui seront une source de documentation en ligne accessible aux magistrats. À plus long terme, le référentiel métier dédié à la fonction parquet sera adapté en module e-formation et pourra éventuellement servir de trame à de futurs modules pour les autres fonctions. L’ingénierie pédagogique mise en œuvre pour l’élaboration de ces fascicules est traditionnellement une co‑construction entre un expert ENM et un expert local, et constitue donc une étape importante du projet d’appui. »

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