10 questions aux élèves magistrats sur leur parcours, le concours et la formation à l’ENM

1. Quel est le secret de votre réussite au concours ?
Louis : « Assister à des audiences, garder un intérêt pour tout ce qui nous entoure, être curieux ! »
Manon : « La persévérance et la détermination. J’ai tenté 3 fois le 1er concours, puis j’ai été inspectrice à l’Aide Sociale à l’Enfance. J’ai ainsi gagné en maturité et en prise de recul. »
Clovis : « Faire attention à son sommeil et garder une journée par semaine pour décompresser. »
2. Avez-vous eu des moments de doute ?
Louis : « Bien sûr. Après un échec, j’ai craint d’y être confronté à nouveau. Il ne faut pas avoir honte de ses doutes ; en parler avec d’autres candidats permet de les relativiser. »
Manon : « Constamment. Mais ce doute permet de garder l’humilité indispensable à l’exercice de notre futur métier. Ce sont des choses très simples qui m’ont fait tenir : aimer mes fonctions de l’époque, bien manger, faire (beaucoup) de sport, être bien entourée surtout… »
3. Une anecdote sur votre concours ?
Romain : « J’écoutais le même album d’ACDC sur le trajet et avant de rentrer dans la salle d’examen. C’était utile pour être dans ma bulle avant les épreuves et très motivant ! »
Manon : « J’ai informé très peu de monde de ma nouvelle tentative. C’était la surprise pour tout le monde, l’effet a été assez incroyable à vivre. »
Flavien : « Lors du concours, j’ai pris l’habitude de discuter avec une connaissance avant les épreuves. Aujourd’hui, nous sommes tous les deux auditeurs et colocataires à Bordeaux. »
4. Comment avez-vous appris que vous étiez pris ?
Marie : « J’étais avec mon compagnon sur le ferry entre Capri et Naples au moment où j’ai vu mon nom sur la liste. Le cadre n’aurait pas pu être plus beau, je m’en souviendrai toute ma vie ! »
Vasco : « J’étais dans un magasin avec ma mère quand la liste a été publiée. Toute la clientèle a entendu ses cris d’enthousiasme ! »
Flore : « Entre les oraux et les résultats, j’avais décidé de partir en voyage seule. Le jour des résultats, j’étais donc sur une plage au Portugal à attendre la publication de la liste. »
5. Un livre ou un film qui parle de justice ou du métier de magistrat que vous aimez particulièrement ?
Emilien et Meissane : « D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère, qui met en lumière le métier de juge des contentieux de la protection. »
Louis : « Qui suis-je pour juger ? de Serge Portelli, sur la réalité du quotidien de magistrat, la difficulté de prendre certaines décisions, le besoin de douter avant et la nécessité de faire preuve d’humanité. »
Anaïs G : « Le film Anatomie d’une chute : le procès d'une femme se trouvant accusée du meurtre de son compagnon. Une écriture remarquable, de très bons acteurs et une atmosphère vénéneuse ! »
Vasco : « Défendre les enfants du juge des enfants Édouard Durand, qui expose sans fard la réalité du traitement judiciaire des violences faites aux enfants. »
Manon : « Le recueil Rendre la justice avec les témoignages de magistrats qui racontent avec humilité et inspiration leur quotidien. »
Flore : « Une Farouche Liberté, qui retrace la vie et le parcours professionnel de l’avocate Gisèle Halimi, inspirants en termes d’engagement, notamment ses convictions vis-à-vis de la justice. »
Flavien : « Mémoires d’un juge trop indépendant de Renaud Van Ruymbeke, et sa vision courageuse du métier. »
Romain : « Le film Une Vie violente réalisé par Thierry de Peretti sur la jeunesse corse, l’attrait pour le militantisme politique, le nationalisme, les codes de la violence. »
Marie : « Le livre La Décision de Karine Tuil, qui m’a beaucoup marquée. »
6. Le déclic pour vous orienter vers la magistrature ?
Meissane : « Un stage effectué dans une Maison d’enfants à caractère social en licence m’a fait découvrir la protection de l’enfance et la fonction du juge des enfants. »
Manon : « Un stage auprès d’un magistrat. Sa manière d’exercer, la polyvalence de son savoir et de ses missions, sa bienveillance et sa fermeté à la fois, ont été le déclic pour choisir cette profession. »
7. Un autre métier avec lequel vous avez hésité ?
Anaïs G : « Au collège, j’envisageais des études de psychologie. Je retrouve un aspect de psychologie dans le métier de magistrat. »
Meissane : « Professeur de collège ou lycée. »
Clovis : « J’ai hésité entre magistrat, avocat et commissaire de justice. Mes stages m’ont permis de choisir. »
Flavien : « J’ai exercé les fonctions de directeur des services de greffe judiciaires, que j’ai réellement appréciées car elles sont centrées sur le management et l’humain. Mais j’avais besoin de renouer avec le fond du droit et je me sentais prêt à juger ou à diriger des enquêtes. »
8. Une anecdote sur votre prestation de serment ?
Manon : « J’ai eu ma photo en Une du journal local ! »
Marie : « Quand je défilais dans la rue, en robe, après avoir prêté serment, nous sommes passés devant l’école de mes amis élèves avocats : un grand moment de joie concrétisant le fait que chacun de nous ait réussi à atteindre son but depuis la fac de droit. »
9. La fonction dans laquelle vous vous projetez le plus à la sortie de l’ENM ?
Anaïs B : « Juge des enfants car l’enfance est une période décisive : accompagner, protéger, prévenir la délinquance avant l’âge adulte, c’est pouvoir agir là où l’impact est le plus fort. »
Vasco : « Substitut du procureur, fonction qui est le cœur battant d’un tribunal : ce magistrat intervient à chaque étape de la procédure pénale et travaille avec de nombreux partenaires. »
Flore : « Juge de l’application des peines, une fonction tournée vers l’avenir et la réinsertion. »
10. Le moment fort de votre scolarité jusqu’ici ?
Louis : « Répondre aux questions de lycéens sur la justice aux côtés d’autres élèves magistrats, avant de leur faire jouer un procès fictif. »
Vasco : « La journée dédiée aux violences conjugales avec des témoignages particulièrement poignants de victimes de violences conjugales. »
Anaïs B : « La rencontre avec ma direction d’études, les auditeurs de justice avec lesquels je vis la formation au quotidien. Des liens très forts se créent, ils m’accompagneront bien au-delà de l’ENM. »
Flavien : « Les premiers jours à l’ENM : l’émotion que j’ai ressentie en entrant dans le bâtiment, et cette fierté du chemin accompli, après 10 ans dans la justice. »