« EUNOMIE » : Première action de lancement en République du Congo

Le 29 octobre 2021, 27 juges et procureurs ont participé à la première cérémonie de lancement d’« EUNOMIE », le réseau des magistrats étrangers formés à l’ENM, qui s’est déroulée à l’Institut français du Congo, en présence de son excellence Monsieur François Barateau, ambassadeur de France au Congo. Les prochains lancements auront lieu au Sénégal, en Egypte, au Burkina Faso et au Niger d’ici l’été 2022.

EUNOMIE, une première mondiale inaugurée au Congo

« L’équipe France au Congo est heureuse et fière de s’associer à un tel réseau, car si l’ENM a choisi la République du Congo pour le lancement d’EUNOMIE, c’est parce que c’est ici qu’a été créée la première association des magistrats formés à l’ENM, “ Les compagnons congolais de l’ENM ” », a souligné François Barateau, ambassadeur de France au Congo, lors de son discours prononcé à l’occasion la cérémonie de lancement, le 29 octobre 2021.

« Ce sont plus de 180 magistrats qui ont pu être formés, que ce soit dans le cadre de projets de renforcement du système judiciaire, par l’attribution de bourses d’études du gouvernement français, ou encore par le financement de formations décentralisées dispensées par l’ENM », a-t-il ajouté.

Et de conclure : « C’est ce partenariat forgé par le temps entre l’ambassade de France, le ministère congolais de la Justice et l’ENM, au service du renforcement des capacités de l’institution judiciaire congolaise, qui fonde notre rencontre de ce jour. (…) J’ai l’intime conviction que le succès attendu de la modernisation du Congo se jouera en grande partie au cœur de la justice congolaise, qui doit être la garante tout à la fois du respect de l’Etat de droit, de la protection des libertés individuelles et collectives et de la promotion d’un cadre socio-économique stable et équitable. »

Oratoire lancement Eunomie au Congo
 

Développer son réseau professionnel, mieux s’informer et mieux se former

Une enquête menée auprès des magistrats africains ayant suivi une formation à l’ENM

Au total, 3319 magistrats issus de l’Afrique francophone ont suivi une formation longue ou courte à l’ENM depuis 1960. « Une enquête a été menée par l’ENM auprès d’anciens apprenants issus des pays d’Afrique francophone afin d’ajuster au mieux le projet aux attentes et besoins des futurs bénéficiaires. Les réponses qui ont été recueillies viennent en grande partie de magistrats congolais », explique Alice Thibaud, magistrate, chargée de mission au département international de l’ENM.

Les résultats de cette enquête ont montré que « la création de ce réseau intéressait les magistrats principalement pour étendre leur réseau professionnel mais également pour être informés des actualités de la justice en France ou échanger avec des magistrats (étrangers ou nationaux) membres du futur réseau », détaille Leïla Broncard, chargée de coopération au département international de l’ENM.

La majorité des personnes interrogées souhaitait s’impliquer dans la communauté en participant à des événements ou à la création d’une association nationale ou encore en écrivant des articles sur la plateforme dédiée. Les événements possibles ayant recueilli le plus d’intérêt étaient les clubs d’échanges sur les pratiques judiciaires, les discussions francophones autour d’une thématique judiciaire ou juridique, la pratique de la langue française et les formations en présentiel.

« L'intérêt du réseau EUNOMIE pour les magistrats congolais formés à l'ENM est d'abord de renouer le contact avec son Alma mater, ensuite partager avec les pairs d'autres pays les valeurs communes du métier dans nos quotidiens et enfin et surtout d'être à la hauteur d'appartenir à un corps de métier, une communauté internationale de la magistrature au-delà des frontières ou des institutions », estime Shaleur Itoua, président de l’association « Les compagnons congolais de l’ENM ».

Un réseau qui ambitionne d’avoir un impact concret sur la société

Parce qu’il y a des difficultés et des pratiques propres à chaque pays partenaire, le réseau EUNOMIE propose des services adaptés. « Au Congo, il y a des difficultés d’accès à l’information. Par exemple, il n’y a pas de bibliothèques dans les juridictions » souligne Shaleur Itoua. « Un fonds documentaire, à disposition de tous les magistrats membres du réseau, est désormais disponible sur la plateforme EUNOMIE. Ce fonds sera enrichi progressivement par notre équipe pédagogique, et une section Congo sera ouverte afin que les membres puissent eux-mêmes partager des documents » affirme Alice Thibaud.

« Il faut que ce réseau prenne de plus en plus d’ampleur sur le territoire national, que cela ait un impact concret sur la société, et qu’il ne s’agisse pas d’un confort intellectuel » estime le Professeur Attibayeba, vice-président de l’Université Marien Ngouabi (Brazzaville, Congo) en charge de la coopération internationale.

Pour répondre à cet objectif de concrétisation, l’ENM met en œuvre des actions avec les partenaires locaux : « Le réseau propose des services sur la plateforme virtuelle, que sont l’annuaire des membres du réseau, les forums nationaux et internationaux, et bientôt l’accès au fonds documentaire. Pour animer le réseau sur place, des discussions ont été menées afin que, notamment, l’Institut français du Congo puisse accueillir des clubs de conversation, de façon ponctuelle, pour les membres de la communauté, autour d’une thématique judiciaire, organisés par l’association nationale d’anciens élèves magistrats étrangers de l’ENM. D’autres actions sont envisagées telles que des échanges avec les auditeurs français qui vont faire leur stage au Congo, une formation en visioconférence de 2h sur une thématique identifiée avec les membres, ainsi qu’une assemblée générale annuelle » conclut-elle.

La prochaine action de lancement du réseau devrait avoir lieu au Sénégal dès le début de l’année 2022.